top of page
OAES.jpg

Observatoire de l’Attractivité Économique Saint-Nazaire – Presqu’île

Saint‑Nazaire face aux tensions de recrutement : un marché qui se réajuste mais reste exigeant

  • 9 sept. 2025
  • 3 min de lecture

Dans le bassin économique de Saint‑Nazaire, le marché de l’emploi connaît aujourd’hui une dynamique contrastée. L’enquête Besoins en Main-d’Œuvre (BMO) 2025 révèle que 56,7 % des projets de recrutement rencontrent des difficultés, un chiffre en recul par rapport aux records observés ces dernières années, mais qui demeure significatif pour l’ensemble des entreprises locales. Si cette baisse peut être perçue comme un assouplissement des tensions, elle masque des disparités sectorielles importantes et des défis structurels qui imposent aux dirigeants une vigilance stratégique accrue.




Un marché du travail sous tension mais en réajustement

Les chiffres nationaux et régionaux convergent pour montrer que la tension sur le marché de l’emploi reste élevée, mais que certaines dynamiques sont en train de se normaliser. À Saint‑Nazaire, le taux de tension est désormais proche de celui observé en 2019, reflétant une réduction progressive de l’écart entre l’offre et la demande de compétences.


Cette évolution s’explique notamment par la baisse des intentions d’embauche dans un contexte économique marqué par la prudence des entreprises, mais également par une légère augmentation du vivier de candidats qualifiés disponibles sur le marché local.


Pour les dirigeants, ce constat invite à adopter une approche proactive : comprendre les signaux du marché et anticiper les besoins de recrutement devient indispensable pour sécuriser les projets stratégiques et garantir la continuité des activités.




Les principaux facteurs de difficultés de recrutement

Malgré cette tendance à l’allègement, la pénurie de candidats reste le principal facteur de tension, particulièrement dans les métiers techniques, industriels et spécialisés. S’y ajoutent des problématiques plus structurelles :

  • L’inadéquation des profils : la rapidité d’évolution des compétences requises par certaines industries, notamment le naval et l’aéronautique, génère un décalage entre les offres et les candidatures disponibles.

  • L’attractivité des postes : les métiers exigeants ou peu connus du grand public peinent à séduire de nouveaux talents, un défi accentué dans les zones périphériques ou industrialisées.

  • L’urgence des besoins de recrutement : certains secteurs, soumis à des cycles de production courts ou à des pics saisonniers, doivent combler rapidement des postes clés, rendant le marché encore plus tendu.






Des disparités sectorielles prononcées

Si la moyenne globale masque parfois la réalité, il est crucial pour les décideurs de comprendre les différences sectorielles :

  • Commerce et réparation automobile : avec un taux de tension de 79 %, ce secteur illustre les difficultés liées à la rotation rapide des effectifs et à la nécessité de profils polyvalents.

  • Santé et action sociale : 72 % des recrutements se heurtent à des pénuries, principalement en raison de la rareté des qualifications et de la concurrence avec d’autres bassins d’emploi.

  • Matériel de transport et industrie : la tension reste forte (69 %), en raison de la spécialisation technique des métiers et de la complexité des formations requises.


À l’inverse, certains secteurs connaissent un allègement notable : l’information et la communication (-28 points) ainsi que le transport et l’entreposage (-21 points) profitent d’une meilleure adéquation entre profils disponibles et besoins du marché. La construction, historiquement un secteur très tendu, voit son taux de tension passer à 65 %, reflétant des efforts d’adaptation et de formation réussis.



Implications pour les dirigeants et stratégies à adopter

Pour les chefs d’entreprise et responsables RH, ces chiffres ne constituent pas uniquement une statistique : ils sont le reflet de contraintes économiques réelles et de leviers stratégiques potentiels.


Plusieurs pistes peuvent être envisagées :

  1. Optimiser l’attractivité des postes : revoir la proposition de valeur employeur, valoriser la formation continue et les perspectives d’évolution pour attirer des talents dans des métiers exigeants.

  2. Anticiper les besoins : déployer des outils de planification stratégique du personnel, basés sur les tendances du marché et les cycles économiques.

  3. Renforcer la formation interne et partenariats avec les institutions locales : collaborer avec les centres de formation, universités et organismes spécialisés pour créer un vivier de compétences adapté aux besoins spécifiques des entreprises locales.

  4. Digitaliser et structurer le processus de recrutement : utiliser les plateformes publiques et privées, organiser des job datings ciblés et capitaliser sur les outils numériques pour améliorer la visibilité des offres et l’efficacité du sourcing.





Vers un marché plus équilibré mais exigeant

Saint‑Nazaire illustre un marché du travail en mutation, où les tensions tendent à se réduire mais où l’adaptation reste clé. Les entreprises qui sauront combiner anticipation, attractivité et stratégie RH intelligente disposeront d’un avantage concurrentiel décisif, en particulier dans un contexte où la rareté des compétences demeure un facteur limitant. La vigilance et la proactivité des dirigeants sont plus que jamais essentielles pour transformer les contraintes du marché en opportunités de croissance et de consolidation.

Commentaires


bottom of page